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Le paradoxe de la Fintech en Suisse
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Le paradoxe de la Fintech en Suisse

L’Europe a publié récemment l' « European Innovation Scoreboard » pour 2017. La Suisse s’y détache nettement comme principal leader du domaine surpassant tous les états membres de l’Europe. Une performance qui a augmenté de 9,2 % par rapport à celle de l’UE en 2010 et qui s’explique notamment par un système d’innovation attractif dans les recherches, et des résultats qui se démarquent en ressources humaines et en investissement dans les entreprises.

Un bilan qui pourrait laisser penser à une forte propension à adopter l’innovation. Pourtant, l’EY vient d’éditer un rapport (Fintech Adoption Index 2017 Switzerland) sur l’utilisation générale de la Fintech qui montre le contraire. Observons cette étude pour mieux comprendre.

 

Un taux d’adoption plus faible que la moyenne mondiale

La part des utilisateurs actifs de FinTech rapportée au nombre d’internautes dans le monde a doublé en 18 mois. En Suisse, moins du tiers des consommateurs y ont recours. On observe une meilleure adoption des services Fintech par les hommes suisses que par les femmes (34 % vs 24 %) et par les revenus compris entre 80 000 et 150 000 $ que par ceux supérieurs. Au niveau des tranches d’âges, en comparaison avec les moyennes internationales, on remarque un taux d’utilisation plutôt faible chez les jeunes adultes.fintech adoption

 

Transferts d’argent et paiements sont adoptés par plus de la moitié des Suisses

D’un côté, transferts d’argent et paiements effectués en utilisant des services Fintech semblent être bien entrés dans les habitudes des jeunes de 18 à 35 ans qui sont presque 70 % à y avoir recours. L’adoption des services d’assurance se détache également, et ce à travers presque tous les groupes d’âge. D’un autre côté, la faible utilisation des produits de planification financière, en particulier par les fourchettes de revenus importants, tend à montrer que la population préfère les méthodes de gestion plus traditionnelles. De la même manière, les Fintech d’emprunts n’ont pas encore vraiment pénétré le marché.

 

Des enjeux et des atouts pas toujours compris ?

Le taux attractif, la facilité d’utilisation et l’accès partout/tout le temps sont les principaux facteurs d’adoption des services Fintech en Suisse. Les barrières se situent plus dans le manque de besoins de recourir à ces services, l’absence de connaissance de leurs existences et la préférence pour des fournisseurs plus classiques.

Ces résultats montrent à la fois l’opportunité et la nécessité pour la Fintech de se concentrer sur une gamme de produits plus large de haute qualité et de générer de la confiance de la part des consommateurs. La Fintech Suisse doit créer des services innovants pour se différencier des gros acteurs bien implantés.

Une adoption toujours plus forte

Si l’adoption de la Fintech en Suisse est amenée à se développer toujours plus, l’écart de croissance avec la moyenne mondiale reste non négligeable. Une utilisation qui continuera de grandir chez les jeunes et qui devrait augmenter considérablement dans la tranche d’âge des 55/74 ans.

Outre les obstacles réglementaires, le marché des services financiers suisses fait face à de nombreux défis. Créer une startup fintech au pays de la finance peut offrir de forts atouts. Cependant, les institutions sont bien implantées et c’est pourquoi il apparaît important de communiquer, de sensibiliser et d’éduquer à l’utilisation de nouveaux produits pour générer confiance et usages. Combiner accès digitaux personnalisés et points de contact réels peut apporter un avantage concurrentiel indéniable. Aux vues de l’adoption grandissante des services et produits Fintech et des catégories encore sous-exploitées, telles que les emprunts ou la planification financière, la Suisse représente de belles opportunités pour la scène Fintech.

 

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