Synergix

logo swissquality

News

Quoi de neuf...?


Interview Startup : Linkeys, le recrutement nouvelle génération
Retour

Interview Startup : Linkeys, le recrutement nouvelle génération

Face à la difficulté des ressources humaines à repérer des candidats dont les intérêts correspondent à ceux de l’entreprise, de nouvelles stratégies se dessinent. La cooptation, par exemple, est une méthode de recrutement de plus en plus en vogue. Le concept repose sur la recommandation. L’employeur fait appel à ses collaborateurs pour recruter un candidat. Le salarié conscient des valeurs et des objectifs de l’organisation ainsi que des qualités attendues pourra proposer une connaissance dont les compétences et le profil lui semblent adéquats. En cas de recrutement, il recevra en général une gratification (prime, bon cadeau, voyage…) après la période d’essai.

Composée de 4 personnes en Suisse, d’une équipe de développeurs externes et très bientôt de commerciaux en France, la startup Linkeys s’appuie sur les nouvelles technologies et la cooptation pour offrir une innovante manière de recruter. Nous avons interviewé Christian FREYMOND, cofondateur de cette jeune entreprise, pour en savoir plus.

Pouvez-vous nous présenter votre société en quelques mots et nous expliquer comment vous en avez eu l’idée, svp ?

Linkeys est une entreprise issue du domaine de la digitalisation RH qui a été créée fin 2016. Nous étions plusieurs associés travaillant dans le recrutement pour la société HR Top, initiatrice du projet. On sait que la partie la plus délicate dans le recrutement est le sourcing, c’est-à-dire la recherche de candidats, surtout sur un marché de l’emploi aussi tendu que celui que l’on vit en Suisse. Au fil du temps, lorsque nous vendions du recrutement, du headhunting, ou d’autres prestations, nos clients nous disaient « c’est bien gentil, mais il faudrait peut-être essayer de moderniser tout ça, tant en termes de prix que d’approche et d’évolution de la digitalisation ».  On a décidé de le faire et de fonder la startup Linkeys qui permet à tout à chacun d’aider ses proches en recherche d’emploi et de faciliter le sourcing ou la recherche de candidats pour les entreprises qui publient des postes sur notre plateforme.

Nous avons créé une SA et levé des fonds, notamment pour pouvoir payer le développement de l’outil, et nous avons lancé l’application le 27 juillet 2017.  Même si ça n’était pas la meilleure période de l’année pour le faire, nous avons eu de très bons retours au niveau des directions des ressources humaines, c’est-à-dire nos clients. Ceux qui étaient le déclencheur de cette startup, ont d’ailleurs qualifié l’application de moderne et intéressante et ont été séduits. Nous avons fait un très bon chiffre d’affaires en 2017 et poursuivi sur la lancée avec l’idée de faire de Linkeys une plateforme que l’on met à disposition à travers notre réseau de distribution, c’est à dire des sociétés qui sont activent dans le recrutement, le placement de personnel, ou l’headhunting, et cela même dans d’autres pays. Nous avons par exemple développé un partenariat avec le groupe Mare Nostrum présent dans le placement en France.

Aujourd’hui, Linkeys fournit des licences auprès d’entreprises comme HR Top qui pilotent elles-mêmes leurs postes.

 

Comment votre produit est-il bénéfique pour votre cible ?

Nous avons plusieurs cibles. Le travail de Linkeys consiste également, avec nos licenciés, à faire connaître l’application au grand public, en particulier à travers du marketing digital, pour créer, alimenter et faire croître la communauté de Linkers. C’est un système de vase communiquant. La communauté doit progresser quasiment au même rythme que le nombre de postes.

Pour les partenaires licenciés, Linkeys offre de la valeur ajoutée à travers une méthode alternative au recrutement classique. Aujourd’hui, en Suisse, pour la publication, nous avons la job board Jobup, mais entre Jobup et le cabinet de recrutement, il n’y a pas tellement d’autres solutions pour recruter quelqu’un. Le cabinet de recrutement peut donc proposer à ses clients de publier leurs annonces sur une application unique au monde avec un principe de cooptation qui séduit beaucoup. Pour le client final, l’entreprise, elle peut faire appel à une société externe pour l’accompagner dans son recrutement avec une alternative là aussi qui n’existe nulle part ailleurs. Pour notre communauté de Linkers, c’est une application gratuite accessible à tous qui permet d’aider ses proches à chercher du travail et de partager des offres tout en pouvant gagner de l’argent. Comme je le dis toujours : trouver un job, c’est déjà un job. C’est souvent assez frustrant, car il faut tenir sur la longueur. Nous nous sommes donc dit « Et si tout un chacun pouvait juste donner un coup de main à ses connaissances en recherche d’emploi en transmettant des postes qui pourraient leur correspondre. »

Nous sommes dans l’économie de partage, on peut rendre service à ses amis, ce qui est toujours agréable, tout en touchant de l’argent, alors c’est « Banco ! ». C’est un processus où tout le monde gagne : Nous, parce que nous sommes dans la méthode et nous vendons des licences d’utilisation. Le cabinet de recrutement dans la mesure où il peut offrir une alternative à ses clients et des services qui se distinguent. Le client final car il a une visibilité plus importante que sur un job board ou une annonce presse. L’entreprise peut faire du « marketing employeur ». Pour le candidat puisqu’on lui facilite ses démarches de recrutement qu’il soit en chômage ou en place. Et les Linkers qui peuvent aider leurs amis tout en gagnant de l’argent.

 

Comment les entreprises suisses ont-elles accueilli vos services ?

La cooptation n’est pas dans les mœurs en Suisse et je peux le comprendre. Nous aussi, pendant 10 ans, nous avons appliqué des méthodes classiques. Et même si nous avons tous notre savoir-faire ou notre petite touche particulière lorsqu’on fait du recrutement, aujourd’hui, cela obéit à des processus assez bien établis. La cooptation c’est quelque chose de nouveau qui n’est pas encore dans les esprits et c’est pour ça que nous avons un gros travail de communication à faire pour informer de notre existence.

À partir du moment où on en parle, comme nous l’avons fait au salon RH, les gens nous disent « Mais c’est super ! »,  « Quelle bonne idée ». Beaucoup pensent : « Lorsqu’on est dans un modèle qui fonctionne, quel est l’intérêt de le revoir ? ». C’est très humain. Des exemples nous le montrent tous les jours.

Nous, nous avons choisi d’essayer de le repenser en étant les premiers. Alors, c’est un petit peu comme lorsqu’on fait de la haute montagne, il faut faire la trace. C’est un petit peu plus pénible, un petit peu plus long, mais le panorama est joli donc ça en vaut la peine. Ce que le client final achète auprès des cabinets de recrutement c’est une publication, la prime est d’ailleurs comprise dans les honoraires facturés, mais c’est aussi du conseil RH avec différents niveaux d’accompagnement en fonction des besoins de la société. Ils n’achètent pas du recrutement. C’est pour ça que les montants sont forfaitaires, tout est inclus dedans, et que le conseil personnalisé est très d’objectif, car nous n’avons pas d’intérêts à recruter un candidat plutôt qu'un autre. La proposition de valeur de Linkeys n’est pas juste l’outil, mais l’accompagnement RH en fonction des besoins du client.

Linkeys a été très bien accueilli en Suisse et nous allons faire évoluer l’application en fonction des retours et des besoins de nos clients partenaires (les agences de recrutement) et des clients finaux qui finalement paient pour l’utilisation de cette application.

 

 

 

Comment voyez-vous votre croissance dans les 5 prochaines années ?

Nous sommes encore à l’état de startup comme vous avez pu l’entendre. Nous avons un potentiel qui n’a pas de limite, car les chiffres du recrutement mondial sont des chiffres avec beaucoup de zéros. Très concrètement, notre croissance passe par la France où nous avons démarré début septembre. Nous n’avons pas encore assez de recul pour voir quelles sont les actions à mettre en place, mais en tous cas notre ambition est internationale. Nous avons déjà des contacts dans d’autres pays, mais qui ne sont pas encore aboutis pour que j’en parle pour le moment.

Aujourd’hui, notre application est disponible en allemand, français et anglais. Nous allons continuer de l’améliorer en corrigeant quelques petits bugs, en faisant évoluer l’expérience utilisateur et le design. En parallèle, dans notre partie de R et D, nous avons plein d’idées. Nous attendons d’avoir plus de retours pour pouvoir les mettre en place dans le bon ordre. Cependant, le marketing employeur, soit valoriser davantage le client est quelque chose que nous devrions encore développer assez rapidement.

 

Créez-vous des synergies avec d’autres entreprises suisses ?

Nous sommes plus aujourd’hui à l’état d’échange d’informations. Mais, bien sûr, nous essayons de travailler avec des entreprises qui sont complémentaires avec nous. Dès que nous avons un projet, nous nous rapprochons des sociétés locales qui ont une expertise dans le domaine.

 

Si vous aviez un conseil à donner à quelqu’un qui lance son entreprise, lequel serait-il ?

La nature humaine est extraordinaire, plein de gens ont des idées, mais combien osent se lancer ? Je pense que monter son entreprise, c’est avoir le courage de mettre en place ses idées. Il est également important de bien savoir s’entourer. Avec du personnel qualifié qui adhère à la vision de l'entreprise, mais aussi avec des amis ou de la famille qui pourront apporter leur soutien et donner un coup de pouce lorsqu’on traverse une phase un peu délicate, car il y beaucoup de très haut et de très très bas dans l’entrepreneuriat. C’est une vie où il y a du relief en permanence. Il faut être extrêmement tenace sur la durée et surtout il faut avoir une vision globale.

J’ai lu une fois que les gens n’achètent pas pour ce que vous faites, mais pour ce en quoi vous croyez. J’aime beaucoup cette notion. C’est-à-dire qu’il faut croire fermement et durablement en ses idées, savoir écouter et savoir corriger. Il me semble que la créativité et l’agilité, qu’on soit dans le monde d’une startup ou de la création d’une entreprise plus classique, sont très importantes, car cela permet de ne pas avoir peur de remettre en question tout en conservant cette ténacité pour aller vite et loin.

 

 

 

Nombreux sont les recruteurs qui avouent avoir des difficultés à trouver le salarié idéal et pourtant nous connaissons tous autour de nous quelqu’un qui cherche un emploi. Dans le même état d’esprit que Synergix propose aux entrepreneurs de gérer leur administration pour qu'ils se concentrent sur leur cœur de métier, Linkeys offre une solution pour que les responsables de Ressources Humaines se concentrent sur les tâches à forte valeur ajoutée.