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Interview Fintech : WeCan.Fund, financer son entreprise autrement
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Interview Fintech : WeCan.Fund, financer son entreprise autrement

L’utilisation du crowdfunding a fait un bond gigantesque ces dernières années en Suisse, a permis à des entreprises de se créer et à de beaux projets de se lancer. État des lieux du concept et interview des pionniers du crowdfunding en Suisse.

 

Qu’est-ce que le crowdfunding ?

À l’ère du numérique, face à la frilosité des banques, de nouveaux moyens de financement ont vu le jour depuis une dizaine d’années. Basé sur l’intelligence collective, le crowdfunding, ou financement participatif en français, a fait son apparition. Si les études montrent que la plupart des projets ainsi financés le sont souvent par des investisseurs qui habitent dans un rayon de 10 km autour du porteur de l’idée, la réussite d’une telle campagne est essentiellement liée à sa communication et la communauté qu’elle arrive à engager. C’est d’ailleurs un des principaux atouts du concept en comparaison à un financement classique. Les investisseurs peuvent devenir de fidèles ambassadeurs. 

Le crowdfunding se partage en 5 types : la prévente, le don, l’investissement (action), le prêt et l’émission de monnaies virtuelles (ICO). Il s’appuie en général sur une plateforme qui permet de récolter le montant dont le projet a besoin pour sa réalisation et met en contact des entreprises ou particuliers voulant emprunter de l’argent avec d’autres désireux d’en prêter.

Avant d’interviewer Vincent Pignon, cofondateur de WeCan.Fund et président de la Swiss Crowdfunding Association, nous avons assisté à sa conférence sur le sujet lors du Carrefour des Créateurs à Lausanne. Celui-ci relève 4 points importants à la réussite d’une campagne qu’il nomme les 4C: la Communauté - la Confiance - la Cause - la Contrepartie.

 

L’interview Fintech : WeCan.Fund, le financement autrement

Vincent Pignon et Marie Debombourg de WeCan.Fund, ont répondu à nos questions pour nous permettre d’en savoir plus sur cette startup Fintech genevoise créée en 2015 et le crowdfunding.

Team WeCan Fund Crowdfunding Marie Debombourg, COO - Vincent PIgnon, CEO - Dominique Goy, CFO

 

Pouvez-vous nous présenter WeCan.Fund ? 

WeCan.Fund est une solution en marque blanche pour créer sa propre plateforme de crowdfunding.  Nous avons développé une API qui permet à toutes les entreprises de trouver des financements complémentaires pour leurs projets internes ou externes.

Dans le prêt, un fonds de Commodity Trade Finance utilise notre API pour leverager son potentiel de financement. Dans le don, nous travaillons avec plusieurs organisations internationales pour apporter plus de transparence et toucher le grand public. Dans le reward, nous développons actuellement une plateforme dédiée au financement de travaux d'énergies renouvelables. Par ailleurs, dans la blockchain, nous créons des plateformes qui permettent des échanges de droits à bâtir.

Ce ne sont que quelques exemples, pour illustrer ce que nous pouvons faire.

 

D’où vous est venue l’idée pour en venir à sa création ?

Au début, nous avons développé notre propre plateforme que l’on a opérée et nous avons reçu de nombreuses demandes de clients (parapublic, fonds d’investissement, ONG) qui souhaitaient avoir leur propre plateforme avec une solution clé en main. C’est donc venu assez naturellement et nous leur avons mis à disposition notre technologie via une API rest.

Au vu de l'ampleur de cette activité, nous avons pris la décision d'arrêter d'exploiter notre plateforme et au contraire d'agréger les campagnes de nos clients.

 

Quels sont les principaux arguments de WeCan.Fund pour les clients ?

Aujourd'hui, nos prospects ont le choix de passer par une plateforme existante ou de créer leur propre plateforme. 

Nos clients sont des entreprises qui ont un certain volume de financement et qui portent une attention particulière à leur image de marque. Concernant les frais, s'ils utilisent une plateforme existante, ils auront des commissions de 5 à 10%, alors que nous leur proposons des solutions dès 1,0%. Pour leur image de marque, avec WeCan.Fund, ce sont eux qui sélectionnent les projets sur leur plateforme, ils ne sont pas mélangés avec tous types de projets qui pourraient nuire à leur identité.

Enfin, nous digitalisons tous leurs processus métiers, ce qui leur fait gagner beaucoup de temps et d'argent.

 

Comment sont les lois en Suisse vis-à-vis du crowdfunding ? Comment le financement participatif a-t-il été accueilli ?

Globalement cela a évolué positivement depuis le premier août de cette année, la réglementation est devenue plus favorable au crowdfunding avec l’élargissement de la durée de détention des fonds. C’est le premier point très important, car avant en 7 jours, clôturer une campagne de financement était compliqué. Généralement, cela prend 45 jours. Maintenant, nous pouvons conserver l’argent 60 jours.  Le deuxième point est qu’il y avait la limite de 20 prêteurs. Cette contrainte a disparu pour les projets jusqu’à 1million. Le principal changement va arriver l’année prochaine avec la licence bancaire light* qui est en cours.

Globalement, la FINMA (autorité de surveillance des marchés financiers) et les politiques sont très favorables au développement du crowdfunding et font évoluer les réglementations en sa faveur. Cela va donc dans le bon sens.

La réglementation a mis du temps à être réformée en Suisse. Et c’est typiquement la différence entre les États-Unis, où en 2008/2009 le régulateur s'est positionné en faveur, alors que de notre côté, les plateformes ont stagné parce que la réglementation était très très restreinte. Les chiffres montrent que le concept est accepté et adopté, mais était freiné par cette réglementation.

*(NDLR : La licence bancaire light sur laquelle travaille le Conseil Fédéral vise à stimuler l’innovation et le développement de la Fintech suisse. L’objectif est d’alléger le cadre réglementaire des sociétés financières innovantes en leur permettant entre autres l’acceptation de fonds jusqu’à 100 millions de francs suisses sous certaines conditions. Ceci sans avoir les mêmes obligations en matière de comptabilité et d’audit que celles applicables dans le contexte actuel. En résumé, une licence destinée aux entreprises Fintech qui ne sont pas impliquées dans l’activité bancaire, mais en comprennent certains éléments.)

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Comment voyez-vous la croissance de votre société dans les 5 prochaines années ?

Nous avons l’objectif d’ouvrir une nouvelle plateforme par mois en 2018. 

En novembre, nous lançons une plateforme de Commodity Trade Crowdlending pour SCCF. En décembre, nous livrerons un POC (Proof Of Concept) pour une plateforme blockchain qui permettra l'échange de droits à bâtir à Genève.  Puis en début d'année prochaine, nous aurons une plateforme qui permettra de financer des travaux d'énergies renouvelables. 

Nous avons différents enjeux :

  • Un premier de volume : notre objectif est de financer 1 milliard via nos diverses plateformes d'ici 2020. 
  • Le second d'agrégation : nous souhaitons agréger tous les flux des plateformes qui utilisent notre API. Tous les internautes pourront ouvrir un portefeuille MyWeCan.Fund, s’inscrire et rejoindre la communauté.
  • Et le troisième technologique : notre volonté est d'être une des références mondiales sur la blockchain et les cryptomonnaies.

 

Créez-vous des synergies avec d’autres entreprises de la FinTech Suisse? 

Nous travaillons avec d'autres Fintech, notamment pour la compliance avec Lemonway. Notre volonté est d'associer les expertises spécifiques de plusieurs Fintech que ce soit sur la signature électronique, l'acquisition de flux financiers ou encore pour des fonctionnalités Blockchain.

Concernant la signature électronique, il s'agit d'un enjeu majeur pour toutes les Fintech, par exemple, pour notre plateforme de Commodity Trade Crowdlending, nous souhaitons supprimer les contrats papier pour arriver à une solution 100% numérique.

Nous avons également de nombreuses discussions avec l'écosystème Fintech pour créer des synergies, c'est une des raisons qui nous a motivés à participer activement à la Swiss Crowdfunding Association en 2015.

 

D’après vous, la Suisse est elle un terrain fertile pour la Fintech? 

Pour le crowdfunding, si l’on regarde les chiffres : il y a eu un volume de transaction de CHF 128 millions l’année passée, qui va arriver à plus de 600 millions cette année, pour dépasser le milliard l’année prochaine. Il y a donc un fort essor du financement participatif en Suisse qui suit une tendance mondiale qui va durer et s'accélérer encore davantage avec la technologie Blockchain et les ICO.

La Suisse a compris l'enjeu de soutenir le développement des Fintech et le gouvernement avec le régulateur, la FINMA ont introduit des règles favorables au crowdfunding depuis le 1er aout 2017 et vont, avec une licence light, donner de réelles opportunités.

 

Vincent Pignon lors du TEDxGeneva "Passons du rêve à la réalité grâce au crowdfunding" :