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Interview Fintech : Systemcredit, l’Amazon suisse du crédit
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Interview Fintech : Systemcredit, l’Amazon suisse du crédit

Si les tendances à la désintermédiation sont de plus en plus fortes et de nouvelles formes de prêts apparaissent, la principale source de financement de l’économie suisse reste le crédit bancaire. L’accès à des alternatives valables se développe, mais demeure limité, rendant les PME particulièrement dépendantes aux crédits bancaires. Les crédits aux entreprises accordés aux PME par des banques en Suisse représentaient 295 milliards de CHF fin 2016 (source : BNS 2017).

D’après l’étude sur le financement des PME en Suisse, réalisée en 2016 par la confédération, une PME interrogée sur trois bénéficie d’un crédit bancaire ou d’une facilité de crédit. Les hypothèques et les crédits en compte courant sont les plus répandus, mais le leasing et les prêts sont également fréquemment employés. Quinze pour cent des entreprises ont déposé une demande de crédit au cours des douze derniers mois, soit pour un nouveau financement, soit en vue de prolonger un financement existant. Une PME sur 12 se sent découragée et n’a donc pas sollicité de crédit malgré un besoin. Les raisons évoquées sont : les processus d’octroi de crédit trop fastidieux, la prévision d’un refus et la supposition d’un besoin de garanties trop importantes.

 

Mise en situation : 

L’entreprise romande « Dupont & Fille Machines-Outils S.A. » vient de signer une grande commande additionnelle de la part d’un de ses clients principaux. Les Dupont ont travaillé dur pendant longtemps pour obtenir cette commande et ils ouvrent une bouteille quand la bonne nouvelle arrive ! Peut-être trop tôt, vu les besoins de financement y découlant ?

La commande est si grande que les Dupont doivent acheter un centre de traitement numérique additionnel au coût de 250'000 .- . La trésorerie est insuffisante, il faut alors chercher un financement. Et c’est là que commencent les difficultés des Dupont : Chaque banque possède des formalités différentes, mais offre pourtant plus ou moins les mêmes prestations aux mêmes prix. Véritable parcours d’obstacles pour un entrepreneur en machines-outils. Et pour les banques, un crédit à l’investissement de 250'000 .-n’est guère intéressant. Avec les diverses régulations auxquelles les banques sont soumises, et leur modus operandi traditionnel tellement compliqué, les coûts fixes ne cessent d’augmenter. Les frais relatifs à un crédit en dessous d’un certain seuil ne se rentabilisent donc que très difficilement pour elles.

Résultat : Les Dupont cherchent un crédit auquel ils pensent avoir le droit. Et les banques voudraient bien accepter l'emprunt, mais seulement si elles faisaient un gain elles aussi dans cette affaire. L’intermédiation de crédit à des PME fonctionne mal.

Face à ces constats et tenant compte des besoins de financement croissant des PME, le Dr Daniel V. Christen a créé la startup fintech Systemcredit. Une plateforme qui s’appuie sur le modèle de "l’amazonisation" pour tous les acteurs de l’emprunt pour les entreprises. Un projet « business friendly » qui vise à proposer des conditions très avantageux aux PME cherchant à emprunter, et apporter des affaires à tous les prêteurs de crédits, banques et autres solutions (crowdfunders par exemple). Nous avons échangé avec le fondateur afin d’en savoir plus sur cette entreprise prometteuse.

 

Pouvez-vous nous présenter Systemcredit en quelques mots svp ? 

Notre nom signifie « Sytematisation du processus de crédit ». Systemcredit modernise la demande de crédit pour les PME en proposant une plateforme sur laquelle les requêtes de crédits peuvent être soumises aux prêteurs partenaires, tout en réduisant les risques financiers relatifs aux emprunts. Nous créons un écosystème qui se veut autant avantageux pour les prêteurs que pour les emprunteurs. 

L’idée centrale est de fournir aux sociétés un financement plus rapide, avec un meilleur taux et de meilleures conditions; et aux prêteurs d’élargir leurs portefeuilles clients avec des risques et coûts réduits.

Nous avons donc 3 partenaires importants :

  • les PME qui cherchent un financement (pour une machine par exemple)
  • les banques qui donnent le financement
  • l'assurance « loss protection » qui couvre la banque en cas de non-paiement de l’emprunteur. 

 

Comment en êtes-vous venu à l’idée de la création de Systemcredit ?

J’ai longtemps été banquier dans les crédits et j'ai pu observer les différents besoins et problématiques. En connectant les parties actives dans l’emprunt de crédits et en ajoutant une assurance « loss protection », nous avons pour objectif de diviser par 2 les coûts d’un financement. Ce qui est profitable pour n’importe quelle organisation et permet de soutenir celles qui devraient avoir le plus le droit d'obtenir des crédits, comme les petites et moyennes PME qualitatives, nombreuses en Suisse.

 

Comment Systemcredit est-il bénéfique pour les clients ?

Tout est simplifié pour que cela soit le plus facile possible pour les utilisateurs. Par exemple, dès l’inscription, la plateforme est synchronisée avec le registre du commerce.

Le rating défini est très différent de celui des banques qui ne repose presque essentiellement que sur la société et son bilan. Le notre se base sur une multitude de points de données. Tout au long du processus, l’entrepreneur est assisté par un chatbot. 

Avec Systemcredit, toutes ces informations ne sont demandées qu’une seule fois. L’emprunteur remplit l'application, et son dossier est envoyé à plusieurs banques, agences de crédit en P2P ou en crowdfunding sans qu'il ait à réitérer le processus.

Nous offrons une sécurisation du risque en proposant un cercle vertueux. Une manière plus rapide, plus efficace et moins chère d’avoir un crédit que les solutions classiques.

Pour les prêteurs, c’est une acquisition digitale et efficace de clients, sans coût marketing, qui arrivent avec un dossier complet et exactement dans la forme souhaitée. De plus, avec la « Loss protection », ils ont l’assurance que des pertes « au cas où » seront couvertes. Ce qui représente une vraie sécurité, ainsi que des coûts de processus et de risque moindres. D’où également, une plus grande facilité à accepter le prêt pour les partenaires. 

 

 

Comment pensez-vous que Systemcredit sera accueilli en Suisse ? Et ailleurs ?

Nos contacts avec les partenaires, ainsi que les événements auxquels nous participons nous montrent que nous répondons à un vrai besoin.

Nous ne souhaitons pas concurrencer les banques ni les marchés de crédits. En effet, ceux-ci sont des partenaires qui participent à notre plateforme. Systemcredit leur simplifie l’acquisition de clients, réduit leurs risques et leur propose ainsi une valeur ajoutée. Nous avons déjà une banque et deux marchés de crédits associés à notre projet.

En 2017, nous avons été sélectionnés parmi de nombreuses startups lors du concours organisé par PostFinance, ainsi que celui de l’accélérateur Fintech Fusion, qui nous permettent de bénéficier de soutiens. Les retours du dernier Temenos Innovation Jam 2018 auquel nous avons pris part en avril 2018 ont été également très positifs. Il y a un réel enthousiasme qui montre que Systemcredit a toute sa place en Suisse. 

Lorsque nous présentons le projet à de futurs partenaires, nous percevons un réel intérêt. Par exemple, il n’est pas rare que notre interlocuteur nous arrête pour aller chercher ses collaborateurs afin qu’ils puissent prendre connaissance sans attendre du fonctionnement de notre plateforme.

 

Comment voyez-vous la croissance de votre entreprise dans les 5 prochaines années ?

Les données et l’Intelligence artificielle vont prendre une place de plus en plus importante dans la plateforme et nous permettre de l'améliorer continuellement. Par exemple, en modélisant les risques (futurs, passés, industries,..) et en attribuant des primes en fonction des datas.

Au début, nous allons donner l’accès à notre plateforme aux 20% d’entreprises qui ont le meilleur rating, mais selon nos résultats et nos observations nous pourrons aller plus loin. De la même manière, nous commençons par la Suisse, mais nous comptons nous développer dans d’autres pays. Nous considérons que le marché suisse est exigeant et idéal pour tester notre produit avant de l’exporter.