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Interview Fintech : Neuroprofiler, le profilage du risque par le jeu
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Interview Fintech : Neuroprofiler, le profilage du risque par le jeu

Avec la directive MiFID (Markets in Financial Instruments directives) I puis II, l’Union européenne souhaite augmenter l’efficience des marchés, la protection de la clientèle et la transparence. L’objectif est que tous les membres de l’UE partagent un cadre réglementaire commun et solide qui protège les investisseurs. Des exigences que l’on retrouve également en dehors de l’UE et qui ont un impact sur tous les organismes financiers.

Pour s’assurer que les clients font des investissements qui correspondent réellement à leurs préférences de risque et à leurs besoins, la startup Neuroprofiler propose des tests ludiques et conformes pour découvrir la véritable « tolérance au risque et la capacité à supporter des pertes ». Au-delà des besoins légaux, l’évaluation va également permettre aux conseillers de mieux comprendre les préférences du client.

Neuroprofiler a récemment terminé une levée de fonds de 500K convertibles et démarrera à la rentrée une nouvelle levée de 1,5 à 2 millions de francs. Nous avons rencontré la cofondatrice Tiphaine Saltini pour en savoir plus sur cette entreprise pleine d’ambitions.

Pouvez-vous nous parler de Neuroprofiler svp ?

L’Union européenne met en place des directives pour défendre toujours plus les investisseurs. Les gestionnaires de patrimoines doivent donc évaluer le profil risque des personnes qui souhaitent investir. Neuroprofiler est un jeu de finance comportementale qui permet aux conseillers d’estimer en ligne le profil de leurs clients  en accord avec la réglementation MiFIDII.

 

Quelle a été l’impulsion principale pour en venir à la création de votre startup ?

Depuis le lycée je suis animée par la fibre entrepreneuriale. Pendant dix ans, j’ai étudié et exercé les sciences cognitives.

Dans le cadre de ma thèse en finance comportementale durant laquelle j’ai travaillé en banque privée, j’ai pris conscience des faiblesses des pratiques d’évaluation de profils d’investisseurs aujourd’hui dans le secteur. Passionnée par ces deux domaines, et à un moment où l’UE publie des réglementations toujours plus exigeantes, créer Neuroprofiler m’est apparu comme une évidence.

 

Quelles sont les différentes façons dont Neuroprofiler est bénéfique pour les conseillers financiers et les utilisateurs ?

Neuroprofiler est un outil plaisant à utiliser tant pour le conseiller que pour le client. Il permet aux gérants de fortunes d’envoyer un lien à l’investisseur qui va répondre en ligne à des questions, sous une forme ludique proche du jeu « qui veut gagner des millions ». La première partie va collecter les données nécessaires à la banque mondiale et la deuxième partie propose des situations basées sur les finances comportementales et un algorithme puissant (plus de 1 million de profils) qui s’adapte en fonction des réponses pour obtenir une analyse fine des préférences d’investissement du client.

Neuroprofiler correspond aux nouvelles exigences MiFIDII et est fondé sur le machine learning, ce qui fait qu’il évolue sans cesse pour être toujours plus efficace.    

 

Comment votre produit a-t-il été accueilli en Suisse ? Une différence avec la France où vous êtes présents aussi ?

Nous avons de très bons retours dans les deux pays. Les conseillers en Suisse sont particulièrement sensibles à la richesse et finesse des profils que nous pouvons analyser (plus d’un million). Neuroprofiler leur apparaît comme un outil précieux de connaissance et service client. Nous y avons rencontré le succès assez rapidement, en partie car on y trouve de plus petites banques qu'ailleurs et dans lesquelles le cycle de décision est moins long que dans les grandes institutions.

Les conseillers en France sont eux plus sensibles à l’argument de conformité MiFIDII qui est d’actualité puisque la directive entre en vigueur en janvier 2018.

Notre business modèle basé sur un produit en SAAS avec un paiement au questionnaire, ne nécessite pas d’intégration IT et permet aux financiers de tester Neuroprofiler sans engagement ce qui,  en règle générale, aboutit à leur adhésion.

Comment voyez-vous la croissance de votre société dans les 5 prochaines années ?

L’évaluation des profils de risque est non seulement obligatoire en Europe, mais également en Asie et en Amérique du Nord et du Sud. Notre objectif est donc de croître rapidement à l’international. Après l’entrée en vigueur de janvier 2018, nous pensons aussi nous diversifier par exemple dans le crédit scoring ou les assurances. En nous appuyant sur notre algorithme, nous pouvons permettre de mieux comprendre les clients dans d’autres domaines que le profil risque pour orienter les conseillers vers de meilleures décisions d’investissement.

 

Créez-vous des synergies avec d’autres entreprises de la FinTech en Suisse ou ailleurs ? Si oui, lesquelles ?

Nous sommes en effet en train de collaborer avec certaines d’entre elles. Nous sommes notamment sur la marketplace de Temenos. Les autres partenariats devraient être officialisés à la rentrée.

 

Selon vous, la Suisse est-elle un terrain fertile pour la Fintech ?

Sans aucun doute, en particulier dans le domaine de la gestion de fortune.