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Interview Fintech : Indigita, la gestion des règles transfrontalières automatisées
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Interview Fintech : Indigita, la gestion des règles transfrontalières automatisées

La gestion des contraintes légales complexes est en constante évolution et les risques dans un contexte international sont importants.

Fortes de leurs expertises en conseils réglementaires et informatiques, BRP SA et ORBIUM ont fondé en 2015 Indigita. La startup suisse se base sur la puissance de leurs données mises à jour régulièrement concernant les réglementations internationales (120 pays) pour constituer l’automatisation des règles cross-border.

Indigita propose, aux banques et autres intermédiaires financiers, un outil s’appuyant sur les informations les plus complètes du marché concernant l’ensemble des mesures légales transfrontalières, afin de leur permettre d’accroitre leur efficacité opérationnelle et de limiter les dangers de non-conformité. L’entreprise, inscrite dans une démarche Fintech, a su simplifier la gestion administrative internationale en s’appuyant sur ses compétences et sur le digital. Nous rencontrons aujourd’hui Patrick Genazzi pour en apprendre plus sur Indigita.

 

Pouvez-vous nous présenter Indigita en quelques mots svp ?

Pour bien comprendre Indigita, il faut partir de l’histoire de BRP qui est une société spécialisée dans la réglementation financière avec laquelle nous avons développé ce que l’on appelle les « country manuals ». Ce sont des guides pratiques qui renseignent les intermédiaires financiers sur comment ils peuvent gérer les relations d’affaires pays par pays en prenant en compte toutes les particularités.

Le but est de fournir des informations sur le cadre réglementaires : qu’est-ce qui est possible et à quelles conditions dans un rayon d’action internationale ? BRP permet aux banques et intermédiaires financiers de suivre l’évolution réglementaire en gardant à jour ces informations. BRP faisait cela sous format papier. Nous avons créé Indigita parce qu’il y a eu un développement important des réglementations, ainsi que du nombre de pays et de matières que nous couvrons. Nous nous appuyons sur un réseau de 300 cabinets et experts avocats qui sont mandatés pour veiller sur les modifications réglementaires.

La superposition de règles et d'alertes structurées transforme cette base de connaissances en une «première ligne de défense» automatisée et en temps réel intégrée aux flux de travail courants de l'entreprise. Cela met en évidence les risques de conformité au fur et à mesure qu'ils surviennent et peut donc aider à empêcher les banques de se laisser exposer au danger d'une sanction réglementaire. En fonction du pays d’origine de la banque et de la domiciliation du client, les banques privées et les gestionnaires de patrimoine peuvent connaître les conditions et les règles (commerciales, financières, d’investissement, de consommation et fiscales) qui s’imposent sans devoir passer par une intervention manuelle, mais tout en garantissant un processus compliant.

 

Quelle a été l’impulsion décisive pour en venir à sa création ?

Avec le nombre de réglementations et de contextes différents potentiels, travailler sur papier était devenu impossible et la digitalisation représentait une source d’opportunités. Nous souhaitions offrir une technologie automatisée qui soit un moyen efficace aux banques privées et aux gestionnaires de fortune de superviser les risques de conformité auxquels ils sont confrontés pour servir des clients établis dans des pays étrangers.

Indigita nous a permis de structurer toutes les données, de définir une logique et une architecture du fonctionnement des règles qui permettent de délivrer à la fois les informations issues des country manuals et des instructions en fonction de chaque situation.

 

Quelles sont les trois principales façons dont Indigita est bénéfique dans les secteurs financiers et bancaires ?

Les risques de non-conformité entraînant des sanctions ou des litiges sont réduits. Les recours aux country manuals physiques, ainsi qu’aux connaissances et à l’expérience de personnel qualifié sont diminués. Indigita permet une gestion plus fonctionnelle des opérations à l’échelle de l’entreprise. Elle offre des avantages en termes d’amélioration de l’efficacité opérationnelle et de la productivité qui permettent à nos clients de poursuivre leurs objectifs de croissance et de qualité de services.

Comment les entreprises suisses ont-elles accueilli vos produits ?

Il y a un énorme intérêt tant en Suisse qu’à l’étranger. La place financière suisse a pas mal d’avance par rapport aux autres pays. Il y a une vraie culture cross border et les grandes banques suisses s’investissent et développent leur digitalisation au plus large.

 

Comment voyez-vous votre croissance dans les 5 prochaines années ?

Nous développons Indigita comme une solution globale, accessible aux services financiers indépendamment de leur taille. Nous pouvons mettre en place un simple système de requête, comme un procédé qui prend en compte toutes les données de la banque.

Nous envisageons notre croissance d’une manière assez énorme. Toutes les semaines de nouveaux collaborateurs nous rejoignent, et nous voyons de nombreuses possibilités d’intégrer ou d’utiliser la solution vers des leviers qui ont une croissance très importante.

 

Créez-vous des synergies avec d’autres sociétés de la FinTech Suisse?

Nous avons des projets en cours avec Avaloq, des contacts avec Edgelab, E-skills pour tout ce qui est e-learning et d’autres Fintech qui ne sont pas forcément suisses telles que Actico ou Finantix. Le digital permet de concevoir diverses utilisations des données très intéressantes.

 

D’après vous, la Suisse est elle un terrain fertile pour la Fintech? Quels sont ses défis ?

Certainement, oui, il y a énormément d’intérêts pour la Fintech et en particulier la Regtech. Des acteurs importants sont présents sur la place, comme les grandes banques et sociétés comme Swisscom, Avaloq, Crédit Suisse,… Les incubateurs, tel que Fusion dont Indigita fait parti, ont également leurs cartes à jouer.

Notre culture de gestion des risques règlementaires combinée avec l’industrialisation semble être la clé du succès. Les défis sont politiques et commerciaux, mais la Suisse est une place exceptionnelle possédant de grands avantages et opportunités notamment en ce qui concerne la formation et la qualité de vie par exemple.