Synergix

logo swissquality

News

Quoi de neuf...?


Interview Fintech : CashSentinel, vos transactions sécurisées
Retour

Interview Fintech : CashSentinel, vos transactions sécurisées

Primée au Venture Kick, au Swisscom startup challenge, à l’IMD startup competition, classée dans le top 10 des 100 meilleures startups Fintech suisses, dans le top 20 des Fintech les plus innovantes d’Europe, cité par la RTS, 24 Heures, l‘Express, ou encore Auto Moto sur TF1, la startup montante CashSentinel propose un service de paiement en ligne novateur pour faire des transferts de sommes importantes en temps réel. L’objectif : ne plus avoir besoin de manipuler du liquide tout en garantissant au vendeur la présence de l’argent.

Cette application, créée en 2012 dans le but de simplifier et sécuriser les transactions lors de l’achat d’une voiture, s’apprête à s’ouvrir à de nouveaux marchés. Nous avons rencontré Sylvain Bertolus, le fondateur de l’entreprise.

 

Pouvez-vous nous parler de vous et de CashSentinel svp ? 

CashSentinel est un tiers garant. Un peu comme PayPal à l’origine, nous avons la capacité de conserver les fonds pendant qu’une transaction se résout. Historiquement, nous avons commencé par le domaine des véhicules, mais il va s’ouvrir sous peu au marché des artisans et entrepreneurs pour toutes sortes de prestations. C’est une façon d’éviter les risques du type « payer un acompte pour des travaux qui ne commencent jamais » et pour l’entreprise une manière de s’assurer qu’ils seront payés jusqu’au bout.

Nous avons la capacité de bloquer l’argent avec des comptes de consignation sur lesquels, techniquement, l’argent est toujours la propriété du client et est libéré uniquement si un certain nombre de conditions sont atteintes. Par exemple, quand l’acheteur a pris possession de la voiture, ou qu’il n’a plus de réserve vis-à-vis de la prestation. Nous sommes très présents en France et en Suisse avec des possibilités de transactions à l’échelle européenne. Les utilisateurs peuvent avoir recours à CashSentinel que l’achat soit via un site partenaire ou non.

 

Quelle a été l’impulsion principale pour en venir à la création de votre startup ? 

Il y a une dizaine d’années, j’avais besoin d’acheter une voiture. Avec ma femme, nous en avons trouvé une sur internet située au Tessin qui correspondait à nos recherches. À l’époque nous étions à Genève et nous ne voulions pas faire deux fois l’aller-retour. Lorsque l’on a demandé comment faire, on nous a répondu « c’est très simple, il suffit de venir avec des billets ». Ce que nous avons fait, mais cela nous a semblé hors du temps d’aller chercher autant d’argent et de nous balader avec tout le week-end… 

J’avais déjà cofondé une société de conseils, ce qui m’avait donné le gout de l’entrepreneuriat. Alors, après avoir travaillé pendant plusieurs années sur des problématiques bancaires et informatiques, je me suis dit que c’était le moment de fonder CashSentinel.

 

Quelles sont les trois principales façons dont CashSentinel est bénéfique pour les utilisateurs ?

CashSentinel apporte une grande certitude de ne pas perdre son argent. En effet, cela évite le transport de fonds importants ou l’envoi de liquidités directement au vendeur. Ce qui procure sécurité et protection dans la transaction et est pratique pour des gens géographiquement éloignés. Notre solution est également un gain de temps certain puisqu’une seule entrevue peut suffire pour faire une transaction. Le vendeur et l’acheteur vont pouvoir prendre confiance en amont, la semaine précédant la rencontre par exemple. Le vendeur sait que les fonds sont présents et l’acheteur qu’ils sont bloqués.

Tout est prévu dans notre offre pour que les utilisateurs soient sereins. Notamment grâce à la capacité de médiation incluse dans nos transactions de véhicules. En utilisant nos services, vous acceptez les conditions générales et le fait qu’en cas de désaccord une médiation est réalisée par un partenaire (une assurance en protection juridique). Et si nécessaire une expertise technique est mandatée pour permettre au médiateur d’avoir un avis objectif. Le but n’étant pas d’alimenter des procès, mais de trouver une solution amiable acceptable pour les deux parties. Ceci est inclus par défaut dans nos services.

Si par exemple, l’acheteur se rend compte au bout d’un mois que le kilométrage n’est pas celui indiqué. Comme il est passé par CashSentinel, il y a une protection du contrat, soit une sorte de garantie en cas de différences entre la promesse et la réalité.

Comment les utilisateurs suisses ont-ils accueilli vos produits ? Une différence avec la France où vous êtes présents aussi ?

CashSentinel a été plutôt bien accueilli. Nous avons confirmé qu’il y a une réelle attente à ce niveau-là, car cela représente un processus assez anxiogène que d’acheter entre particuliers. Les gens ont peur de se faire avoir. Et dès qu’il y a des transactions avec l’étranger, il y a encore plus de craintes. Avoir un opérateur, basé en Suisse, qui joue ce rôle d’intermédiaire sur la partie financière a donc tout son sens.

En France, les banques nous ont bien accueillies. Nous sommes d’ailleurs en train de travailler à intégrer la solution directement dans l'interface d'une grande banque de détail. Les utilisateurs ont très bien reçu notre produit aussi. Certainement parce que le problème est encore plus présent qu’en Suisse. Il y a moins de confiance entre les gens en France et beaucoup plus d’histoires négatives. 

Même si en France nous avons des concurrents, nous sommes les seuls à être indépendants et à proposer des transactions qui ne se limitent pas à un seul pays. 

 

Comment vous voyez la croissance de vos produits/société dans les 5 prochaines années ?

Nous voyons une croissance importante, puisqu’en termes de modes de diffusion, nous rentrons dans le "B to C" alors qu’avant nous étions de clients à clients (C to C). Nos perspectives à court terme sont très conséquentes. Nous avons signé des contrats qui vont nous amener un volume important de transactions dans le domaine des voitures, puis l’extension à des services autres. Le potentiel est phénoménal. Nous aimerions exécuter cette vision afin de devenir un standard interbancaire disponible auprès des clients de différentes banques pour réaliser ce type de transactions.

 

Créez-vous des synergies avec d’autres entreprises de la FinTech Suisse?

Nous avons d’excellentes relations avec Swissquote, qui est assurément la première réussite Fintech Suisse, et est devenu une vrai banque tout en gardant un esprit entrepreneurial. Nous avons également créé des partenariats avec des assurances. Mais en ce qui concerne les autres Fintech, on pourrait dire que nous avons des projets, mais encore rien de concrétisé. 

 

Selon vous, la Suisse est-elle un terrain fertile pour la Fintech ? 

Oui, la Suisse est un terrain fertile dans le sens ou c’est un pays bien bancarisé, où les gens sont influents, ce qui en fait un bon champ d’expérimentation pour des produits du type crowdlending, crowdfunding, l’investissement… Mais je suis un peu déçu de la partie liée aux investisseurs qui sont très court terme. Ils sont presque à vouloir investir dans des choses simples, rentables dès la première année, et ne choisissent pas forcément des sociétés avec des modèles visionnaires, mais plutôt celles qui apportent des résultats immédiats. 

Il y a une certaine frilosité malgré quelques belles annonces sur des startups qui ont levé de jolies sommes. Il me semble que les investisseurs en Suisse ne supportent pas assez les réelles innovations. D’autre part, le deuxième challenge réside dans le fait que la Suisse ne soit pas dans l’Europe, ce qui fait que l’expansion à l’internationale reste compliquée. On ne peut pas tout faire depuis la Suisse, il faut à un moment ouvrir une succursale en Europe. Si on est sujet à licence, il faut prendre une licence valable pour l’Europe et en quelque sorte refaire le travail déjà fait en suisse. 

Le fait que les réglementations ne soient pas alignées entre la Suisse et l’Europe représente un vrai frein.

 

 

Pour en savoir plus sur CashSentinel, visitez le site web.