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Interview Fintech : Biowatch, la fin des mots de passe et authentifications diverses
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Interview Fintech : Biowatch, la fin des mots de passe et authentifications diverses

Imaginez un monde où votre voiture se deverrouille toute seule quand vous vous en approchez et que votre musique préférez se déclenche, les portes de votre entreprise s’ouvrent sans sortir une clé, vous gérez les règlements des fournisseurs sans lecteur de cartes ou authentifications multiples, vous payez votre déjeuner en un tour de bras… Un monde où vous n’auriez donc jamais besoin de jongler avec les mots de passe ou de prouver qui vous êtes pour réaliser des tâches de la vie courante. 

C’est la mission que c’est lancé Matthias Vanoni en créant sa startup "Biowatch" en 2014. L'entreprise basée à Lausanne a développé un lecteur biométrique sécurisé discrètement intégrable à la montre et dont le taux de reconnaissance avoisine les 99,999%. Dans le marché des wearables (terme employé pour désigner un vêtement ou accessoire incluant de la technologie) en pleine croissance, Biowatch se démarque par les opportunités qu’elle peut apporter dans tous les domaines. Gagnante du concours Visa au Mobile World Congress 2017,  premier prix de la convention Fintech Suisse 2017, sélectionnée pour représenter la Suisse au Young Transatlantic Innovation Leaders Initiative 2017 (YTILI), la startup semble avoir de très belles perspectives devant elle. Nous avons rencontré le cofondateur et CEO Matthias Vanoni pour en savoir plus.

 

Matthias Vanoni BiowatchPouvez-vous nous présenter Biowatch en quelques mots svp ? 

Biowatch, c’est un wereable qui se monte sur les bracelets des montres à la place des fermoirs, un fermoir intelligent si on veut, qui permet quand on met sa montre le matin d’être reconnu grâce à l’authentification des veines uniques au poignet. L’activation est maintenue tant que l’on porte la montre pour déverrouiller l’accès à plusieurs fonctionnalités telles que les contrôles d’entrées, du ticketing, du paiement… En fait, tout ce qui peut être fait par NFC ou Bluetooth, on peut le faire depuis la montre, tout ce qui est carte sans contact, pour payer, rentrer dans un building, les Swisspass … Toutes ces cartes sont stockées dans la montre, de cette manière tout est au même endroit et sécurisé (personne ne peut les utiliser à notre place). Au niveau du Bluetooth, on peut se servir de la connectivité avec tout ce qui est « smart ». Bientôt, on pourra remplacer les clés de la voiture, déverrouiller les ordinateurs, accéder à des sites web…

L’idée c’est de substituer tout ce qui est trousseau de clés, mots de passe, codes pin, par un seul device qu’on porte au poignet pour supprimer toutes étapes d’authentification.

 

Quelle a été l’impulsion décisive pour en venir à sa création ?

En 1985, Joseph Rice a inventé et breveté la reconnaissance par veine. Le simple fait que les veines et leurs formes sont uniques et visibles par infrarouge fait qu’elles peuvent servir d’identification biométrique comme les empreintes digitales. Dans ce brevet, il y avait également une partie sur la reconnaissance par les veines du poignet depuis une montre qui maintient active l’authentification initiale tant qu’on la porte, et qui par radio et cryptographie communique notre identité avec des objets. Je suis tombée dessus en faisant ma thèse à l’EPFL sur la reconnaissance par les veines. C’était en 2014, la bonne époque pour comprendre que la biométrie qui venait des capteurs statiques, était maintenant dans les mobiles et allait rapidement etre dans les wearables pour cette raison simple, que c’est la seule manière de maintenir l’authentification.

Ayant bien saisis tout ça, j’ai contacté Joseph Rice qui cherchait un peu d’énergie et de jeunesse pour y aller et je lui ai proposé de recommencer l'aventure La montre biométrique (Biowatch) en Suisse.

 

De quelle manière Biowatch est-il bénéfique pour les particuliers et les entreprises ? 

Le modèle est assez simple, comme Apple nous fournissons le device et c’est aux parties tierces de développer des services et de les pousser dans la montre. Il y a eu un peu de traction au début chez les horlogers qui étaient malgré tout encore très prudents en 2015. Finalement ce sont les banques qui y ont trouvé de l’attrait. Ayant les plus grosses contraintes d’identification en ligne, elles essaient toutes de se digitaliser en reconnaissant les gens depuis leur ordinateur à distance et aimeraient toutes que l’on puisse faire du ebanking dans le métro. Ces besoins apportent des exigences de sécurité que l’on résout à la fois sur le côté pratique et fonctionnel. Nous avons déjà signé avec 4 banques et un acteur lausannois de la sécurité. Nous allons d’ailleurs bientôt livrer un prototype à ces 5 premiers clients. 

Les entreprises avec des milliers d’employés pourront remplacer badges et mots de passe uniquement avec leur montre de la porte d’entrée à la photocopieuse en passant par les ordinateurs. Nous apportons plus de productivité, car il n’y a plus aucune perte de temps avec l’authentification. Et je ne parle évidemment pas du gain en sécurité qui est évident.

Biowatch startup geneve concept

Comment voyez-vous votre croissance dans les 5 prochaines années ?

Début 2018, nous aurons une première série de 10 000 pièces destinées aux B to B pour le contrôle d’accès corporate. La première étape est de livrer cette solution dans le but de tests internes, afin qu’ils se familiarisent avec la technologie et soient conscients de sa force, pour qu’ensuite ils imaginent pousser leurs propres cas d’utilisations et applications.

En faisant cela avec des corporates divers et variés, dans le transport, le paiement, l’automobile, … nous aurons de plus en plus de services compatibles qui nous permettront plus tard d’aller vers le B to C.

En 2019, nous espérons atteindre 1 million d’utilisateurs. Et en 2022, j’aimerai être en train de profiter du soleil en réfléchissant à l’idée d’une prochaine startup (NDLR : rires). Nous serons certainement bien implanté en Suisse et en Europe avec un écosystème large, tout ce qui est possible de faire, entre le paiement, parkings, CFF, …

 

Créez-vous des synergies avec d’autres organisations de la FinTech Suisse? Si oui, lesquelles et pourquoi ?

Un acteur majeur du paiement Mobile en Suisse est intéressé. Pratiquement toutes les fintech ont une composante d’authentification quelque part où il manque souvent le lien avec l’humain que peut leur permettre d’avoir Biowatch.

 

D’après vous, la Suisse est elle un terrain fertile pour la Fintech ? Quels sont ses défis ?

La CTI (Commission pour la technologie et l’innovation) nous a subventionnés pour 800 000 .- de recherche externalisée qui permet d’avancer en miniaturisation, algorithme… C’est un super coup de pouce. La Suisse permet également de trouver de la love money assez facilement lorsqu’on a un projet qui tient la route. Mais ensuite, après le seed (première levée), quand on cherche des millions, on se frotte un peu plus à un esprit conservateur.  Il y a un nombre impressionnant de sociétés en Suisse, pour la plupart en bonne santé financière, qui peuvent se permettre de tester  notre solution et représentent un formidable laboratoire d’essais. Il y a également quelques organismes de soutien, d’aide, des compétitions, Venture Kick,… qui constituent de réelles opportunités d’être valorisé et soutenu si on a un projet qui vaut le coup. L’EPFL incarne aussi un vrai écosystème intéressant pour les startups.

Pour Biowatch, être au pays des montres et profiter de la neutralité de la Suisse sont de véritables atouts pour l’image, la sécurité et le stockage des données.

 

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur Biowatch, visitez leur site internet.